Cette campagne veut en finir avec les critiques contre les mères qui allaitent en public - Terrafemina

Publié le Lundi 17 Octobre 2022
Maïlis Rey-Bethbeder
Par Maïlis Rey-Bethbeder Rédactrice
Maïlis Rey-Bethbeder aime écrire, le café, traîner sur les réseaux sociaux et écouter de la musique. Sa mission : mettre en lumière les profils, les engagements et les débats qui agitent notre société.
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Cette campagne veut en finir avec les critiques contre les mères qui allaitent en public
Ce lundi 17 octobre débute la semaine mondiale pour l'allaitement maternel. A cette occasion, la marque Tajinebanane mène une campagne d'affichage pour normaliser l'allaitement dans l'espace public et dénoncer la brutalité des remarques qu'il suscite encore aujourd'hui.

Durant la semaine mondiale pour l'allaitement maternel (SNAM), qui débute ce lundi 17 octobre et se terminera le 23 octobre prochain, pas moins de 8000 affiches vont être placardées à Bruxelles, Paris et Marseille pour lutter contre les remarques et agressions dont sont parfois victimes les mères qui allaitent dans les lieux publics.

Menée par la marque de vêtements d'allaitement Tajinebanane, cette campagne met en scène des mères allaitantes photographiées dans l'espace public, ainsi que des commentaires postés sur les réseaux sociaux. Ces clichés répondent à des scènes qui ont malheureusement eu lieu.

Jasmin, l'un des visages de cette campagne (dans laquelle figure les portraits de six femmes différentes),a par exemple été empêchée d'allaiter au Louvre. En juin dernier, alors qu'elle visitait le musée en famille, un agent l'a interpellée en lui demandant d'arrêter de nourrir sa fille, sous prétexte que la scène "pourrait déranger une partie des visiteurs".

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Jasmin a été priée d'arrêter d'allaiter son enfant au Louvre

"Quand un enfant a faim, on ne peut pas attendre", avait alors déclaré la jeune maman. Et ce n'est pas le premier épisode du genre. A la CAF, à Disneyland ou encore au commissariat, d'autres mères ont été priées d'arrêter d'allaiter.

En 2021, à Bordeaux, Maÿlis, mère de Nino, avait même été insultée et giflée par une inconnue, sans que personne n'intervienne. Au commissariat où Maÿlis s'était rendue pour porter plainte, l'homme qui l'avait reçue lui avait demandé quel "pourcentage" de sa poitrine était visible... Une réaction affligeante qui rappelle qu'aujourd'hui encore, les femmes ne sont pas libres de disposer de leur corps comme elles le souhaitent, et sont culpabilisées alors même qu'elles sont victimes.

Vers une sanction pénale ?

"Lutter contre la précarité et la solitude des jeunes mères, contre la discrimination au travail, contre la violence verbale et parfois physique dont elles sont victimes est une priorité", estime la fondatrice de la marque Tajinebanane, Alison Cavaillé, dans un communiqué. "Soutenir et protéger l'allaitement maternel relève de la responsabilité de tous·tes, du gouvernement, aux professionnel·les de santé, en passant par les employeurs, les particuliers et les co-parents", poursuit l'entrepreneure.

Lansinoh, une marque de soins dédiés aux nouvelles mères, a questionné ces dernières sur leur expérience de l'allaitement en public. Il en ressort que 17% des mamans ont déjà été critiquées ou victimes de préjugés en allaitant dans un lieu public. De plus, 69% des mères interrogées ont confié qu'elles ne se sentent pas suffisamment soutenues par la société et 55% disent ne pas l'avoir été sur leur lieu de travail.
Petite piqûre de rappel : allaiter dans un lieu public est parfaitement légal. En 2021, une proposition de loi afin de créer un "délit d'entrave à l'allaitement" a été déposée. Pour (enfin) laisser les mères en paix ?
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